l'écran intérieur des paupières

15 mars 2014

Testament d'un chat

Comme promis il y a quelques temps, voilà des nouvelles. J'ai terminé un manuscrit de roman, que j'ai intitulé : Testament d'un chat (pseudépigraphe) et je me mets aujourd'hui en quête d'un éditeur...

"On appelle pseudépigraphe un écrit dont le nom de l’auteur est faux."

Tel est exactement le programme !

A bientôt, 

Olivia

 

 

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11 mars 2014

La théorie du punching-ball

 

« Est-ce que tu connais la théorie du punching-ball ?... Elle a été ressortie à l’extrême fin du 20ème siècle.

Certes, Jung avait depuis longtemps identifié ce qu’il nommait le facteur psychogénique. Mais il y avait déjà trop de livres à l’époque, et les gens étaient sans cesse en train de tout réinventer parce qu’il était impossible de lire l’intégralité de ce qui avait été écrit sur un sujet, comme on le faisait au Moyen-Age. Cette théorie, donc, dit que les grandes réalisations humaines n’ont pour moteur véritable ni les idéologies, ni l’altruisme, ni la générosité, ni la recherche du bien de l’humanité ou celle de la vérité. Le vrai moteur de l’action est un fait individuel, une colère, un traumatisme, la recherche d’un bonheur perdu un jour. Une vengeance, parfois. Strelnikov n’est si dur et intransigeant dans sa doctrine que parce que sa femme en a aimé un autre. On dit que Marcel Proust aurait écrit son chef‑d’œuvre pour rechercher, désespérément, une saveur, une musique ou une couleur jaune oubliées.

Arriver à faire percevoir cet élément personnel par l’humanité tout entière, telle est l’œuvre de l’artiste.

Celle de l’homme d’Etat idéal serait tout autre. En ces domaines, le phénomène survient lorsque les sujets sur lesquels s’exerce le pouvoir mû par cet intérêt personnel payent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. D’où le nom de la théorie.

Il faudrait dépasser cette étape. La condition serait de n’avoir aucun intérêt propre. Car tout intérêt devient ce sur quoi l’on bâtit ensuite un système tout entier sans s’apercevoir que c’est sur une faille. Seul un être dépourvu d’intérêts pourrait exercer le pouvoir en le et en se dédiant uniquement à ceux qu'il gouverne. »

 

Les pointillés des formulaires – notes manuscrites à l’encre noire sur papier glacé à en-tête d’un gouvernement renversé au début du 23ème siècle

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10 juillet 2013

Travail en cours, oeuvre à venir

 

« Votre véritable vie littéraire […] commencera le jour où vous accepterez que l'exclusion, le chaos, la solitude et le travail, et le travail et le travail sont les conditions sine qua non de l'écriture.»
 
Frederick Exley
 
 
Ma vie littéraire se poursuit. Je vous tiens au courant, dès que possible.
 
 
Rendez-vous ici.
 
 
Olivia

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13 février 2013

Auteur à suivre

Connaissez-vous Demian Kaaïn ?

Voici quelque temps que je suis cet auteur (déjà ici et ici, avec une faute d'orthographe de ma part).

Comme pour d'autres (Yôko Ogawa par exemple), son étrangeté m'est familière. Sa dernière histoire en date est celle-ci : L'abolition de l'esclavage, ce jour dans La Revue des Ressources.

Les premiers mots en sont particulièrement percutants : "J'ai retrouvé ce document près de la caisse du chat. Il s’agit vraisemblablement d’un écrit auquel travaillait S. quelque temps avant sa disparition."

Et voici l'adresse directe du texte: http://www.larevuedesressources.org/l-abolition-de-l-esclavage,2496.html

A bientôt sur l'Ecran.

Olivia

 

 

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25 décembre 2012

Noël

 

Un dieu naît. D'autres meurent. La Vérité n'est pas

Venue, n'est pas partie : l'Erreur seule a changé.

Nous avons maintenant une autre Eternité.

Toujours était meilleur ce qui s'est achevé.

 

 

Aveugle, la Science laboure la boue vaine.

Démente, la Foi vit le rêve de son culte.

Un dieu nouveau n'est jamais rien qu'une parole.

Ne cherche pas et ne crois pas : tout est occulte.

 

 

 

Fernando Pessoa

 

 

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11 octobre 2012

Part d'Amante

L’Amante anglaise. Marguerite Duras, Gallimard, 1967.

 

« -- La différence entre ce que je sais et ce que je dirai, qu’en faites-vous ?

-- Elle représente la part du livre à faire par le lecteur. Elle existe toujours. »

 

 ***

Voici ma part d’Amante anglaise.

Le mari de Claire, Pierre Lannes, a fait venir la cousine sourde et muette de sa femme pour tenir leur maison, Claire en étant «incapable»... Claire Lannes a-t-elle tué sa cousine, Marie-Thérèse Bousquet, parce qu’elle en avait assez de la viande en sauce que Marie-Thérèse cuisinait dans son propre foyer et des odeurs de gras qui s’insinuaient dans tous les coins ?

Est-ce qu’elle l’a découpée en morceaux uniquement parce que c’était plus facile pour se débarrasser du cadavre, ou pour en faire de la viande en sauce ? La tête reste-t-elle introuvable parce qu’elle ne fait pas partie du plat ?

Ces questions seraient-elles les bonnes questions à poser à Claire Bousquet épouse Lannes ?

 

  ***

 

« -- Vous ne savez pas pourquoi vous l’avez tuée ?

-- Je ne dirai pas ça.

-- Qu’est-ce que vous diriez ?

-- Ca dépend de la question qu’on me pose.

-- On ne vous a jamais posé la bonne question sur ce crime ?

-- Non. Je dis la vérité. Si on m’avait posé la bonne question j’aurais trouvé quoi répondre. Cette question, moi non plus, je ne peux pas la trouver (…)

Ils m’ont fait défiler des questions, et je n’en ai reconnu aucune au passage.»

 

  ***

 

Et en admettant que Marie-Thérèse Bousquet soit la viande en sauce, qui est l’amante anglaise ?

 

***

 

« [Claire parle.] Dans le jardin ils ne venaient pas me retrouver.

Il y a un banc en ciment et des pieds d’amante anglaise, c’est ma plante préférée. C’est une plante qu’on mange, qui pousse dans des îles où il y a des moutons. J’ai pensé ça : l’amante anglaise, c’est le contraire de la viande en sauce. Je dois vous dire que quelquefois je me suis sentie très intelligente sur ce banc en ciment. A force de rester immobile, tranquille, l’intelligence me venait, j’avais des pensées intelligentes.

-- Comment le saviez-vous ?

-- On le sait.

Tout est fini maintenant. Maintenant je suis la personne que vous voyez devant vous, rien d’autre.

-- Qui étiez-vous dans le jardin ?

-- Celle qui reste après ma mort. »

 

***

 

Pierre Lannes a cherché la tête à tout hasard dans le jardin, «du côté de la menthe anglaise, rien», dit-il. C’est toute la différence entre ceux qui se contentent de chercher du côté de la menthe, et les autres. C’est sans doute dans le titre qu’il faudrait chercher la tête...

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26 septembre 2012

Notes pour se perdre

Il y a un texte que j'ai mis à longtemps à écrire, mis de côté et repris, lu et relu... Une obsession, un labyrinthe. En juillet dernier, je l'ai repris une dernière fois, et je l'ai terminé. Il paraît aujourd'hui dans la Revue des ressources.

Ici : http://www.larevuedesressources.org/notes-pour-se-perdre,2364.html

Bonne lecture !

Olivia.

Et toujours l'Oeil qui veille...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 septembre 2012

Valeurs à partager

Photsoc (festival de la photographie sociale) se tient tous les ans à Sarcelles.

Voici ce qu'en dit son fondateur et directeur artistique, Xavier Zimbardo :

"Notre but est un engagement au partage pour créer du lien social, porté par des valeurs fortes. La beauté, la bonté, la justice et la vérité. Que ceux qui ont des yeux voient, et que ceux qui ont des oreilles entendent. Les artistes photographes, militants de la beauté, nous offrent leurs regards déchirés ou émerveillés, à l’orée de cet imaginaire qui nous habite, nous effraie ou nous éblouit.

Nous sommes tous des artistes, nous sommes tous restés des enfants, mais souvent nous avons étouffé la voix de l’enfance en nous. Sachons à nouveau nous mettre à son écoute. Les enfants ont beaucoup à nous réapprendre de ce que nous avons perdu avec une persévérance dérisoire. Tentons de nous réapproprier et de leur offrir le meilleur de nous-mêmes pour leur permettre à eux aussi de nous confier à leur tour l’essentiel : toute cette merveilleuse et unique part invisible, blottie précieusement tout au fond de Toi, de Moi, de Nous, et qui s’appelle... le bonheur. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Au-delà des masques et des apparences, essayons de nous connaître. Plutôt que d’attiser les haines, PHOTSOC essaie avec eux, avec vous, de faire surgir des sources d’eau claire au cœur des brasiers de la colère."

(Source : http://www.larevuedesressources.org/photsoc-2012-sur-la-revue-des-ressources,2390.html)

La Revue des ressources sollicite tous les ans des auteurs pour écrire autour des photos exposées... Cette année je me suis intéressée au travail de haute précision dans la saisie de l'instant présent d'Eric Antoine...

Qui savait qu'une fourmi pouvait être aussi rapide ?

Voici le Manuel de la fourmi volante !

(http://www.larevuedesressources.org/photsoc-2012-sur-la-revue-des-ressources,2390.html)

A bientôt.

Olivia

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17 septembre 2012

"Je connaîtrai comme je suis connu" - Noces au paradis, de Mircea Eliade

 

J’ai fini avant-hier Noces au paradis de Mircea Eliade.

Qu’est-ce que ce livre sinon la recherche d’une définition de l’amour ?

Que peut-on lui reprocher sinon sa propre faiblesse, son propre orgueil, sa propre insensibilité ? Son propre aveuglement devant le miracle ? Car, ainsi que nous l’enseigne la parabole, nous sommes d’abord tous aveugles devant le miracle.

 « Tout aurait pu être autrement. Oui, cette pensée m’a toujours obsédé : que tout aurait pu être autrement, ou aurait pu ne pas être du tout ; que tout en ce monde est le fruit du hasard, que tout est absolument sans raison, sans rime ni raison.»

« Peut-être qu’un jour on m’a fait signe, que l’on m’a montré quelque chose du doigt… Il serait effrayant que dans tout ce cosmos si harmonieux, si parfait et si égal à lui-même, seule la vie de l’homme fût livrée au hasard, que seul son destin n’eût aucun sens… Je me demande par exemple si je jour où je suis tombé amoureux il ne se serait pas passé quelque chose à côté de moi, que je n’aurais pas vu ou que je n’aurais pas compris, et si ce n’est pas parce que j’ignorais cette chose que je me suis abandonné aveuglément, irresponsablement, aux événements. On s’aperçoit subitement que l’on est transformé, sans presque se rappeler où cela a commencé.»

L’amour paradisiaque est un mystère. Il faut donc l’examiner de très près, avec des yeux de myope, dépourvus de verre déformants.

L’amour de ce roman est un amour qui crée un être cosmique – et tel est le seul amour qui mérite ce nom. Il réside en « la révélation du véritable sens de ces mots : ma, mon ». En un sens, tout son argument est contenu dans la citation placée en exergue :

« Aujourd’hui, certes, nous voyons dans un miroir d’un manière confuse, mais alors ce sera face à face. Aujourd’hui, je connais d’une manière imparfaite ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. » (Première épître aux Corinthiens, 13, 12)

Il n’est pas jusqu’à la dimension spirituelle et sacrée de cet amour qui ne soit comprise dans cette évocation.

C’est, nous dit Eliade, « qu’au-delà de la volupté, au-delà de l’amour physique, on peut se retrouver complètement dans l’union charnelle, comme si on saisissait, pour la première fois, une autre partie de soi-même, qui nous complète, nous parachève, nous apporte une autre connaissance du monde, enrichie de nouvelles dimensions… (…) Car la révélation de l’union parfaite c’est cela : se retrouver soi-même au moment où l’on se perd. Mais ce que l’on retrouve, ce n’est pas son expérience quotidienne, son profil spirituel tel qu’il se dessine dans la forte lumière du jour : non, on se sent un être parfait, total, libre. Il est curieux que les dernières nuances du pronom possessif aient disparu à l’instant même où le corps que je reconnaissais se découvrait à moi comme étant le mien (…) En réalité la connaissance parfaite du corps d’Ileana ne me révélait pas quelque chose que je possédais, quelque chose qui m’appartenait, mais mon être propre, mon être merveilleux, parfait et libre… »

Une telle étreinte permet à l’homme de se connaître lui-même. De se retrouver lui-même entier, éternel, d’échapper à la vie et à la mort terrestres caractérisées par leurs brisures, leurs fractures en une « myriade de fragments »… « Celui qui a connu comme moi l’intégration parfaite, cette union inaccessible à l’expérience et à l’esprit humains, celui-là sait qu’à partir d’un certain niveau la vie n’a plus de fin.»

A quoi reconnaît-on cet amour – à temps, si possible, avant de le perdre ? Comment peut-il se manifester aux yeux aveugles et comment, en ayant supporté la vue, peut-on le vivre ?

Telles sont les questions auxquelles répond la double intrigue du roman.

*

Cette lecture m’a remémoré un récit que j’avais écrit autrefois : Le Charme absolu. Mon objet était de «remonter aux origines de l’amour». «Explorer comment naît cet amour, comme il se crée et se cache, s’interdit et se ment, et transige avec sa propre vérité pour se dévoiler à lui-même et finalement s’avouer en toutes lettres pour ce qu’il est : de l’a.m.o.u.r.», écrivais‑ en 2005.

Ma science du sacré n’égale évidemment pas celle du maître en la matière qu’est Eliade et cette recherche des origines, je l’ai menée à ma manière. Mais dans l’écriture de cette histoire, je sais que j’ai touché à la grâce, au sens le plus élevé du terme.

Les lettres de refus que je reçus pour ce manuscrit me firent cependant douter énormément de mon projet.

J’appris avec le temps à relativiser ces réponses. Je crois que la seule chose que l’on puisse reprocher à quelqu’un au terme de sa vie, c’est de ne pas avoir été soi-même. Aussi m’efforcé-je, si difficile cela soit-il, de persévérer en ce sens. Sur ce chemin de solitude, la lecture de Noces au paradis m’est aujourd’hui comme un poteau indicateur, un indice que j’interprète favorablement : non à proprement parler une confirmation, mais une sorte de signe extérieur de ce que la recherche que je conduisais alors n’était pas vaine.

Mircea Eliade lui-même, précise le traducteur et préfacier Marcel Ferrand, se serait vu reprocher l’imprécision du style, les tâtonnements de la forme de ce roman…

Il est impossible de plaire à tout le monde. L’urgence et la priorité sont de se plaire à soi‑même. Le miracle qui pourra advenir alors sera que qui se connaît, donnant à connaître, sera connu ; que qui lira, sera lu, à commencer par lui-même. Il suffit parfois d’une seule phrase ou d’un mot pour se trouver face à face. En découvrant que l’auteur avait choisi d’ouvrir son livre par ce passage de l’épitre aux Corinthiens, j’ai immédiatement ressenti de la reconnaissance.

17 septembre 2012

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30 août 2012

Le roman de la rentrée est ici : Le Jeu du Fu

J’ai souhaité écrire un roman qui relève à la fois du rêve et de la réalité dans son fond et dans sa forme et qui puisse même, à la limite, être considéré comme le songe de l’un ou l’autre de ses personnages. Il advient souvent dans les rêves que les protagonistes n’aient pas tout à fait le même aspect que dans la vie. Il suffit ici d’un simple détail (une lettre, une syllabe qui diffère), pour que les choses ne soient pas non plus tout à fait pour ce qu’elles se donnent ou à la «bonne place». C’est dans ces variations, cette incessante recherche de la bonne fréquence, que consistent à la fois la définition d’une «frontière louche» entre rêve et réalité et, parallèlement, la découverte de certaines vérités relatives mais bien réelles ou du moins sur lesquelles on peut compter.

Jusqu’où aller sur la piste de l’indifférenciation entre rêve et réalité pour que la vie soit possible ? Où s’arrêter pour éviter la confusion et la perte de soi ?

 

Le Jeu du Fu est intégralement téléchargeable ici :

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Bonne lecture !

Olivia

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