21 janvier 2008
Manifestation de l'absurde - souvenir d'un teletube
14 janvier 2008
Révélation et résolution
J’ai lu récemment, de Oé Kenzaburô, Notes de Hiroshima et je suis en train de lire Moi, d’un Japon ambigu (qui rassemble le discours prononcé lors de l’obtention de son prix Nobel, en 1994, et diverses conférences sur la littérature).
« Je découvre là des raisons de croire à l’étrange pouvoir curateur de l’art.
Et même si la preuve n’en est pas vraiment faite, c’est fort de ce credo que je souhaite si c’est possible, en mobilisant les faibles forces qui sont les miennes, affronter avec une douleur sourde les ravages accumulés par notre siècle au cours du développement monstrueux des technologies et des communications ; j’aimerais plus particulièrement, en me tenant légèrement en bordure de ce monde, me mettre en quête des moyens permettant de contribuer de façon décente et humaine à la guérison et à la réconciliation de l’humanité entière – telles qu’on peut les envisager à partir de cette perspective excentrée.» (Notes de Hiroshima, préface pour la nouvelle édition anglaise, mars 1995)
« Le rôle de la littérature est de créer un modèle pour les hommes vivant dans leur temps qui – dans la mesure où l’homme est un animal historique – contienne également son passé et son avenir.» (De la littérature d'après guerre aux théories de la culture, 1986, in Moi, d'un Japon ambigu)
Toujours par un de ces hasards dont les livres sont les véritables auteurs (cf. note du 23 novembre 2007), il est arrivé que ces lectures trouvent une modeste application dans le manuscrit que j’étais en train de terminer à ce moment-là. Et c’est dorénavant volontairement et consciemment en ce sens que j’envisage de creuser et d’orienter mes pensées et mon travail.
Que soit ici vivement remerciée C., mon professeur de japonais, pour m’avoir conseillé de lire Oé Kenzaburô.
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Oe Kenzaburô, Notes de Hiroshima, 1965 ; Editions Gallimard, 1996, pour la traduction française (D. Palmé), collection Arcades, ISBN 2-07-074277-6, 230 p.
Moi, d’un Japon ambigu, 1995, The Nobel fondation, 1994, pour le texte intitulé « Moi, d’un Japon ambigu » ; éditions Gallimard, 2001, pour la traduction française (R. de Ceccaty, R. Nakamura), ISBN 2-07-0744-58-2, 97 p.
02 janvier 2008
Excellente année 2008 !
01 janvier 2008
L'homme-boîte
« La couleur de la pluie qui enrhume les pauvres… la teinte de l’heure où tombent les rideaux des passages souterrains… la couleur de la montre donnée en récompense des succès aux examens et qui a été portée au mont-de-piété… la couleur de la jalousie jetée sur l’évier en inox de la cuisine… la couleur du premier matin de chômage… la couleur de l’encre d’une vieille carte d’identité qu’on ne peut plus utiliser… la couleur du dernier ticket de cinéma acheté par le candidat au suicide… la couleur du trou rongé pendant des heures par la forte alcalinité de l’anonymat, de l’hibernation, de l’euthanasie. »
Kôbô Abé, L’homme-boîte (Hako otoko), 1973, Stock, 1979, traduit du japonais par Suzanne Rosset, p. 139

