30 novembre 2008
Un texte de Demian Kaïn
J'ai reçu récemment un mail de Demian Kaïn me demandant ce que je pensais d'une lettre qu'il avait rédigée pour répondre à un appel à candidatures demeuré sans suite. J'ai apprécié ce texte auquel j'ai trouvé quelque chose de kafkaïen, et que son auteur m'a permis de reproduire ici. N'hésitez pas à nous faire part de votre point de vue.
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LA VITRINE
Monsieur,
Une situation qui est le comble de la dignité parce qu’elle est aussi le comble de la décrépitude, je ne pensais pas que j’en vivrais une un jour. Je n’avais jamais imaginé d’ailleurs qu’un tel état fût concevable.
C’est pourtant directement à cet extrême que me fait accéder votre proposition et cet honneur que vous me faites de me considérer, selon vos propres termes, comme l’« héritière des Anciens Romains » – auxquels il est du reste exact que remontent les origines de ma race. Que cette race soit aujourd’hui définitivement éteinte, votre suggestion en est la preuve indubitable. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y aurait de la duplicité de ma part à y adhérer sans réserve, comme si j’en étais venue à m’incliner moi aussi devant ces égéries de la vitesse et d’une culture que j’éviterai de qualifier plus précisément, mais que son étroitesse oppose en tous points à la nôtre, qui était celle du luxe et de la largesse.
Ces deux cultures, elles sont même au sens strict orthogonales, puisqu’il s’agit au fond d’opposer l’horizontal au vertical.
Si l’on voit les choses sous cet angle (et je reconnais qu’il est impossible de faire autrement), accueillir favorablement votre demande reviendrait à légitimer l’imposture, à renoncer à la lutte, à la seule fin de me voir, moi, consacrée pour l’éternité.
Il n’est évidemment pas question d’une telle satisfaction d’orgueil personnel. En vérité, c’est uniquement du fait de la raréfaction croissante de l’élément qui fut ma raison d’être que j’accepte de figurer dans la vitrine d’honneur de votre musée en tant que dernière baignoire.
Telle est dorénavant pour moi, Monsieur le Conservateur, la seule possibilité de continuer à jamais d’honorer le culte de l’eau aussi fidèlement que je le fis aux temps de son abondance.
En l’honneur de ce qui fut mousseusement, je vous en remercie.
Signé : LA BAIGNOIRE
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(par Demian Kaïn)
16 novembre 2008
Toujours plus profondément dans la création humaine
"En général, il n'est pas de voie qui conduise en arrière, ni vers le loup ni vers l'enfant. Au début de toutes choses, il n'y a ni innocence ni ingénuité ; tout ce qui est créé, même ce qui apparaît comme le plus simple, est déjà coupable, déjà lancé dans le torrent boueux du devenir, et ne peut jamais, jamais remonter le courant. Le chemin de l'innocence, de l'incréé, de Dieu, ne mène pas en arrière, mais en avant, non pas vers l'enfant ou le loup, mais toujours plus avant dans la culpabilité, toujours plus profondément dans la création humaine."
Hermann Hesse, Le Loup des steppes, 1927
Calmann-Lévy, 1947, traduit de l'allemand par Juliette Pary. Livre de poche n° 2008.
09 novembre 2008
Art métropolitain et séparation des pouvoirs – une observation
«Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution.»
(Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789, article 16)
La station de métro Assemblée nationale (Paris, ligne 12) s’appelait autrefois - avant le 30 juin 1989 - Chambre des députés.
Depuis le 30 septembre 2008, pour fêter le cinquantenaire de la 5ème République et de sa constitution, elle est décorée d’une nouvelle fresque sur laquelle figurent, notamment et principalement, les présidents élus de cette République (on y aperçoit certes également Simone Veil).
Bonne nuit, les députés !
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Pour des photos de la fresque, cf. Wikipedia.