26 août 2009
Mémoires terrestres
Mémoires terrestres, c'est le titre d'un roman que je vous propose de lire en ligne sur le blog qui lui est consacré : http://www.memterrestres.canalblog.com
Le roman paraîtra par épisodes correspondant à ses chapitres. Chaque épisode pourra être lu à l'écran et sera téléchargeable au format PDF. Une petite présentation du projet suit ci-desssous.
Bonne lecture !
Olivia
-------------------
Mémoires terrestres : présentation
La thèse du roman est ce que j'ai appelé «la théorie du punching-ball», ainsi exposée par Shoe, le personnage principal et la narratrice : «J’en étais arrivée à cette encore confuse, mais profonde conviction : aucun mobile rationnel – la séparation des pouvoirs, le contrôle des décisions par exemple – n’aurait jamais été assez puissant pour amorcer une telle rupture. Il aurait fallu pour cela une raison secrète, cachée, plus forte que tout et sans rien à voir avec ce système qui repoussait le changement de toutes ses forces – un changement aussi incompatible avec ses principes que l’huile et l’eau sont non miscibles. Paradoxalement, seule une raison qui lui était étrangère pouvait lutter efficacement contre l’institution, non en s’y attaquant pour ce qu’elle était, mais comme à un objet de substitution purement apparent – exactement comme on cogne sur un punching‑ball pour ne pas tuer son père ou sa sœur. Qu’importe, si le résultat est atteint ?»
Le roman est un exemple d'application de cette théorie.
21 août 2009
"J'ai tout vu à Hiroshima." - Hypothèse n° 4
La quatrième hypothèse a jailli pendant la nuit du 3 au 4 août 2009, je crois. En écoutant la radio, j'étais tombée au milieu d'une discussion entre deux écrivaines vietnamiennes sur Marguerite Duras : d'après mes recherches, il s’agirait de Doan Cam Thi (La Douleur de Marguerite Duras, Hanoï, 1999) et de Thuân (Chinatown, Seuil, 2009, traduit du vietnamien par Doan Cam Thi).
Hiroshima mon amour fut naturellement évoqué, et l’une d’entre elles expliqua la phrase «j’ai tout vu à Hiroshima» comme «j’ai tout compris à Hiroshima». Elle présenta son propos d’une manière qui me fit penser à un genre d’illumination, d’eurêka, comme si cela signifiait : «en cet instant, j’ai tout compris de cette affaire, du sens de la vie, et ça s’est passé à Hiroshima». Dans cette quatrième hypothèse, le concept et le lieu Hiroshima ne me semblent plus au premier plan. Ce n'est pas forcément Hiroshima que l'on comprend et ce genre de compréhension pourrait survenir ailleurs qu'à Hiroshima. Il y a bien sûr des endroits plus propices à la révélation que d’autres, mais «tout comprendre» (même d’Hiroshima) peut arriver à Hiroshima ou partout ailleurs.
Ainsi, à cet instant, ai-je eu la révélation de l’hypothèse n° 4 (c'est-à-dire celle de la révélation, donc la révélation de la révélation, soit une révélation2) alors que je n’étais pas à Hiroshima.
19 août 2009
Sable
"En deux cents années, le sable n'avait pas changé. Sur toutes les planètes, il demeurait semblable à lui-même. Il était ce qui reste lorsque les palais et les montagnes se sont effondrés."
G. Klein, Le gambit des étoiles, 1958 - Livre de poche, p. 206.