l'écran intérieur des paupières

une "mémoire visuelle [qui] projette instantanément, sur l'écran interne des paupières closes, l'image rigoureusement fidèle et objective d'un visage aimé, comme un fantôme minuscule en couleurs naturelles..." Nabokov

21 novembre 2007

Pourquoi avez-vous mis en ligne L’histoire de Dentelle ? (question de granola_2006, 20 novembre 2007)

Depuis Les Pommes (2004), aucun des trois manuscrits que j’ai envoyés n’a trouvé d’éditeur. Il s’agissait, dans l’ordre, d’un recueil de nouvelles, d’un roman et de ce conte bizarre qu’est L’histoire de Dentelle. J’ai saisi avec le temps certaines des raisons du refus des deux premiers manuscrits ; et peut-être qu’ils sont devenus, aujourd’hui, des « romans de formation » au sens strict, des expériences historiques qui n’intéresseraient plus que moi ou mon biographe. Au-delà de la déception et de la frustration, j’ai appris à réfléchir sur ces refus répétés et intégré, en quelque sorte, le motif de leur recalage.

L’histoire de Dentelle a eu un destin légèrement différent. Déjà, elle a essuyé moins de refus que les deux autres, trois seulement, parce que, consciente que son genre inclassable ne la pré-dotait pas d’une cible clairement identifiable, je n’avais fait que trois tentatives. Et puis, l’attachement que j’éprouve pour elle est dû à quelque chose de nouveau : son irrationalité et sa fantaisie, traits bien moins caractéristiques des deux autres manuscrits et dans lesquels j’ai vu le franchissement d’une étape.

Le dernier élément est lié à ma lecture, au printemps dernier, de Dogra Magra de Yumeno Kyûsaku*, roman dans lequel le professeur Masaki imprime lui-même et distribue gratuitement, pour l’amour de ses idées, son Prêche hérétique de l’enfer des fous ou L’Age des ténèbres des fous. Le fait m’est revenu récemment et sa transposition actuelle m’est apparue de manière évidente. Etre lu et faire passer un message, si c’est vraiment ce que l’on veut, c’est aussi Internet qui le rend possible aujourd’hui.

*Dogra Magra, Yumeno Kyûsaku, 1935. Traduit du japonais par Patrick Honnoré, Picquier, 2003, ISBN 287730857X, 801 p. Sur Dogra Magra, voir http://dogramagra.shunkin.net/rubrique.php3?id_rubrique=9

La photo de couverture, reproduite sur cette page, donne une parfaite idée du roman.

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17 mai 2006

Olivia, que s'est-il passé depuis la dernière fois ? (question de Tara Buste, 17 mai 2006)

C'est vrai que ça fait un moment maintenant. Pour autant, je n'ai pas "rien fait"... Déjà, j'ai lu L'Homme sans qualités (HSQ), de Robert Musil. Même si je lisais autre chose en même temps, je crois pouvoir affirmer que cette lecture a non seulement marqué d''une empreinte indélébile toute cette période (elle a commencé le 18 juillet 2005 à Apt et s'est achevée le 9 mars 2006 à Paris), mais aussi qu'elle a éclairé ma vie d'un jour nouveau. Je pense que l'HSQ est un livre qui peut donner un sens à la vie. Parce qu'il est une réflexion sur ce qu'est la vie, il nous incite à trouver une solution en nous-mêmes et nous présente toutes les possibilités imaginables pour cela. Parce que sa lecture, sa relecture, peuvent donner un sens - peut-être même un but - à la vie, il peut devenir un livre de référence, le livre d'une vie.

Ce que j'ai fait aussi, c'est que j'ai écrit un recueil de nouvelles et un roman, qui sont restés inédits à ce jour. Et puis j'ai expérimenté de nouvelles choses : écrire sur ce qui est écrit, un genre de chronique (je préfère ce dernier mot à celui de "critique") littéraire. J'ai commencé sur zazieweb.fr, et puis j'ai rencontré Septembre, il y a un peu plus d'un an maintenant (c'est d'ailleurs lui qui m'avait donné envie de lire l'HSQ). Il m'a proposé de participer à un nouveau blog littéraire qu'il voulait créer. L'idée était de soumettre les chroniques à une contrainte : avoir lu et citer au moins une critique existante de l'ouvrage commenté. Le projet m'a plu parce qu'il correspondait à une envie de travailler davantage mes chroniques, d'en faire, en quelque sorte (à leur niveau), comme des manifestes d'un point de vue ; et aussi, en raison de la liberté que cette contrainte implique, paradoxalement. Mais ce dernier point, je ne l'ai véritablement compris qu'en expérimentant, en me pliant à cette exigence. Ce nouveau blog d'écrit sur l'écrit s'appelle "lu sur le lu", en référence à cette condition. Il a été créé le 20 avril 2006 par Septembre, Ethiopia et moi-même et peut être lu à son tour à cette adresse : http://lusurlelu.canalblog.com. J'y ai proposé notamment une chronique sur l'HSQ.

Voilà, chère Miss Buste, ce à quoi je réfléchis actuellement ; je commence aussi un nouveau roman, qui n'aura, si je réussis à atteindre ce que j'ai en tête, rien à voir avec ce que j'ai déjà écrit.

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30 avril 2006

Chronologie

1972 : naissance dans une ville de la Côte-d’Azur.

1976-1978 : deux années au Maroc.

1978 : retour en France ; Paris ; lire&écrire.

1978-2000 : formation académique.

1995 : entrée dans la vie active.

1998 : première vision d’un ange, dans un ascenseur, à Paris.

1999 : voyage au Japon ; disparition de l’ange ; découverte de Nabokov par la lecture d’Ada ou l’ardeur.

2001 : rencontre inattendue de l’ange sur le parvis d’une gare de province

2001-2002 : entrevues avec l’ange.

2002 : La Nouvelle Ada.

2002-2003 : déclaration à l’ange ; amour partagé ; séjour à Nevers.

2004 : Les Pommes. Vie avec son ange.

2004 à 2006 : nouvelles ; histoires ; roman.

2006 : Lu/lu.

2007 : Année Kafka. Apprentissage du japonais ; revue littéraire Muses à Tremplin.

2008 : Année Kafka II. Année Oé K.

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11 août 2005

Que penses-tu de cette phrase de Joubert, qui m'a bizarrement ramené aux Pommes : "Laisser quelquefois le lecteur achever la symétrie entre les mots et ne faire que la tracer" ? (question d'Octibre, 11 août 2005)
Quand j'étais plus jeune, j'aurais adoré être capable d'écrire un roman dans lequel rien n'aurait été sûr ni acquis. C'est-à-dire un roman qui aurait tout proposé sans rien imposer au lecteur. Un roman où tout aurait été possible, en puissance, et dans lequel le lecteur aurait eu le choix final de son histoire, lui donnant en définitive sa réalité.
Je continue de croire aujourd'hui à un rôle actif du lecteur, et je sais que mes histoires ressemblent souvent à des labyrinthes dans lesquels il faut se contorsionner... Cela dit, cela n'empêche pas Les Pommes d'être un livre symétrique, d'une symétrie visible, c'est vrai, pas seulement en filigrane. C'est que ce livre a été conçu comme l'image d'une pomme en coupe. Chacune des deux parties - chaque récit de chaque narrateur - représente une moitié de la pomme. L'axe de symétrie (les pépins du centre) est formé par le crime d'Arsinoé. Je crois toutefois que si chaque partie est en quelque sorte une projection, une homothétie de l'autre, c'est selon une formule qu'il appartient au lecteur de déterminer. L'évidence de la symétrie du livre ne la rendrait donc pas pour autant contraignante. Car, paradoxalement, c'est cette symétrie même qui permet de lire Les Pommes dans tous les sens et propose autant de choix au lecteur : la lecture peut se faire évidemment de la première à la dernière page, mais aussi à l'envers (de Z à A). Ou encore en zigzag, en commençant par le début : chapitres 1 puis 1', chapitres 2 puis 2', etc. (ou 1'-1, 2'-2, etc.), ou par la fin (10-10', 9-9', etc. ou 10'-10, 9'-9, etc.). Ou bien d'autres sens encore...

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10 août 2005

Les Pommes : n'est-ce pas, quelque part, une forme d'écriture à deux ? (question d'Octibre, 10 août 2005)
Ecriture à deux : non certes du point de vue de l'auteur, mais, dans une certaine mesure, du point de vue des narrateurs. Il y a deux narrateurs dans les Pommes. Et bien que Zacharie soit à de multiples égards le successeur de sa tante et renaisse de ses cendres, les deux personnages sont distincts. Pourtant, comme je le dis souvent, Zacharie est le "narrateur final" des Pommes. C'est lui qui, en définitive, nous propose ce récit dans lequel il choisit d'enchâsser la confession d'Arsinoé. Le récit d'Arsinoé n'a pas d'existence autonome : il est, en fin de compte, endossé par Zacharie. C'est d'ailleurs dans ce processus d'assomption ou d'englobement que réside la "solution". L'un des récits absorbe (digère) l'autre et l'unification est libératrice : EXIT.

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08 août 2005

Dans la nouvelle "Le monde est dans une tasse de thé", avec Sarah Versen, qui écrit quoi ? (question d'Octibre, 8 août 2005)
"Ecrire sur le thé" était un de nos désirs communs et nous avons écrit ce texte en septembre-octobre 2003. Je crois me souvenir que la première phrase de la  nouvelle avait été conçue ensemble. Puis chacune a écrit à tour de rôle (en règle générale, il s'agissait d'un ou deux paragraphes), et l'autre reprenait à la suite. La relecture et les corrections finales ont été faites ensemble et la version définitive acceptée d'un commun accord. Peut-être que tout ce qui est "théorique" dans cette nouvelle vient plutôt de moi, ainsi que le personnage d'Audrey, qui est une des nombreuses petites soeurs de l'éternelle femme fatale de mon imaginaire. Les aspects plus "psychologiques", tels celui du café déplacé dans un salon de thé, de la tache fatale sur la couverture blanche, des rapports de force et d'admiration entre Hector et Théodore, de même que la référence à la conférence de Yalta, viennent plutôt de Sarah Versen. Mais cette histoire n'aurait pu voir le jour si le thé n'avait été une chose aussi importante pour nous deux. C'est ce qui pourrait peut-être me pousser à dire que ce sont nos affinités dans la vie qui ont rendu possible et qui se reflètent à la fois dans cette fusion d'écriture. Aujourd'hui je ne sais plus trop (sauf pour quelques phrases ou mots précis) qui avait proposé quoi, à l'origine...

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01 août 2005

Ceci n'est pas une question-réponse, mais je ne résiste pas au plaisir de faire figurer ici l'histoire que m'a racontée Alexandra G. cet été, et que je trouve extraordinaire (août 2005).

"Je me cherchais une lecture d'été. Après avoir été faire un petit tour sur ton site, je décide de me replonger dans Henry James (que tu m'avais d'ailleurs fait connaître - Portait de femme). La lecture de ta nouvelle (note : il s'agit de Tara ou la mine cassée) me fait pencher pour Les Ailes de la colombe, mais rien n'est encore joué. Le soir, dans le bus, une jeune femme est assise en face de moi et ne décolle pas les yeux du livre qu'elle a dans les mains. Impossible d''en voir le titre camouflé dans les plis du pull grège qui est sur ses genoux. Elle porte des cheveux courts, a le teint et des yeux clairs. Elle a la beauté de Jean Seberg. Et puis je l'oublie jusqu'à ce que je sois frappée par la place vide en face de moi et par un livre laissé sur la banquette. Je le prends et je découvre qu'il s'agit des Ailes de la colombe. Il est neuf et porte un prénom : Meg. Je le remets au chauffeur. Il n'en faut pas plus à la fétichiste que je suis pour me précipiter chez un libraire et acheter le livre. Mon histoire ne s'arrête pas là. Quelques jours après, dans le même bus, je retrouve Meg Seberg à la même place, et nous lisons toutes les deux le livre de James. On s'est souri mais je n'ai pas osé lui raconter l'histoire incroyable des Ailes de la colombe."

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22 juillet 2005

Pourquoi la côte ouest de l'Ecosse, où exactement et que représente-t-elle à tes yeux? (question d'Agnès R., 22 juillet 2005)
Je suis allée en Ecosse en juillet 2004. J'ai eu trente-deux ans à Edinburgh. C'était le premier voyage que je faisais avec mon ange, et j'ai cru durant tout ce voyage que ce serait aussi le dernier. Nous relisions ou lisions Ada de Nabokov. Tout prenait une signification plus intense, comme si l'on sait que l'on va mourir. Tel était du moins mon état d'esprit. La côte ouest et Skye, plus précisément, furent le point de retour de ce voyage, le moment où nous avons commencé à compter à rebours. Je me souviens de villages quasi-déserts, d'un rivage d'une beauté inquiétante et romantique : Beauly - Torridon - Shieldaig - Applecross (une grande plage de galets, vide) - Lochcarron (des sandwiches au Waterside Café). Je me souviens d'une escale à Plockton, un port qui ressemblerait presque à ceux de la Côte d'Azur, avec une île de palmiers. Le Bed&B avait des volets bleus et notre chambre faisait face à la mer : "room with a view", a dit mon ange. Après une tentative infructueuse pour avoir une table dans un restaurant aménagé dans une gare (Off the rails), nous y avons dîné de custard cream, oat cakes et Coca-Cola. Le lendemain matin nous avons atteint Skye. Ce nom m'a toujours fascinée, entre île et ciel. C'est à Portree, au Granery Café, que nous avons décidé de commencer à revenir vers Edinburgh. Oui, je pensais que cette région était le bout du monde, puisque nous n'irions pas plus loin. J'aurais voulu que nous restions là et que cet endroit soit à jamais un point de non-retour. Aujourd'hui je continue de rêver d'une vie dans cette atmosphère étrange et extra-terrestre, mais autrement, puisqu'en fait, ce point, nous l'avons dépassé. Puisque je sais que tout commence, mais que rien ne s'arrête à Skye.

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20 janvier 2005

Cet ange mystérieux et magique, plume qui se pose à chaque ligne de votre biographie, qui est-ce, que représente-t-il sur l'écran intérieur de vos paupières ? (question de SFFR, 20/01/05)
Cet ange - vous savez que je l'ai rencontré dans un ascenseur (les anges d'aujourd'hui n'ont plus d'ailes !). "L'ange de ma biographie" comme vous dites si délicatement... C'est l'ange de ma vie. Croyez-vous aux anges ? Moi oui. Je crois même que Camille, dans Les Pommes, en est un. Cet ange dont nous parlons, je l'ai donc vu un jour, dans un ascenseur, et j'en ai gardé l'image dans ma tête - sur l'écran intérieur de mes paupières. C'était l'image exacte de celle à laquelle j'avais pensé depuis toujours, "cette femme inconnue, et que jaime, et qui m'aime" dont parle Verlaine. Je l'avais vue en rêve... Je ne me doutais pas qu'un jour, par hasard (ce que les hommes nomment "hasard" est peut-être le propre des anges), quelques années plus tard après cette première vision, je reverrais cet ange, je pourrais lui parler... Que je pourrais le revoir, non plus seulement les yeux fermés sur l'écran palpébral intérieur, mais les yeux ouverts aussi...Je ne pouvais qu'aimer cet ange et lui consacrer ma vie. Tout ce que j'écris lui est destiné. C'est un ange roux, avec des yeux d'ambre. D'une intelligence, d'une séduction absolues. J'ai une chance inouïe de l'avoir rencontré sur terre.

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Les thèmes de la destruction, reconstruction, disparition, sont-ils au centre de votre oeuvre ? (question de SFFR, 20/01/05)
La délicatesse de votre question, SFFR, me touche profondément... La manière dont elle est formulée m'apprend aussi beaucoup. Je suis obsédée par ce que j'appelle le "dérisoire", la "vanité de toutes choses"... Il s'agit du dérisoire des choses qui passent et s'évanouissent (vanish) sans qu'on puisse les saisir, les fixer, ni même les comprendre et les apprécier à leur juste valeur - et du goût d'insatisfaction que cela laisse dans la bouche : "arrière-goût de dérisoire" qu'exprime bien Isidore dans la Nouvelle Ada : "s'apercevoir des années après qu'on n'a rien compris des années durant". Mais, consciemment, je n'avais jamais appliqué ces mots-là  - construction, reconstruction, disparition -, telles des conséquences, à cette obsession. Pourtant, d'une certaine manière, ces trois mots résument tout, et fidèlement. Les personnages s'en vont, disparaissent (Dora), meurent - sont détruits (les pommes) ou auto-détruits (Arsinoé).
Oui, la mort est un thème important. La disparition est aussi l'évanouissement : la signification des choses nous échappe.
Les deux romans sont des enquêtes : on part à la recherche de personnes perdues, de choses passées. On cherche à comprendre ce qui s'est passé. On s'aperçoit qu'on s'est trompé, qu'on ne cessera jamais de se tromper... Sur ces ruines on reconstruit des théories qui aident à vivre. Les narrateurs s'infiltrent dans l'intérieur des choses, passent par où l'autre est passé pour sentir, observer, parfois déduire.

Mes deux romans se rejoignent, je crois, dans leur principe. Il s'agit de romans de la qualification.
Dans la Nouvelle Ada, on trouve la nouvelle Ada parce qu'on qualifie de telle une personne - même si cette personne ne correspond à aucun des critères définis au début du roman comme ceux de la nouvelle Ada. De même dans Les Pommes. Tout l'enjeu de la culpabilité d'Arsinoé est de savoir si elle tué des hommes, ou si le fait qu'elle ait qualifié ses victimes de "pommes" en a fait véritablement des choses : auquel cas elle ne serait pas coupable d'homicide, mais simplement de pomicide... Ce qui signifierait pour son neveu un passé familial plus facile à accepter, même au prix d'une fiction extrême. Extrême en ce qu'elle ne stylise pas la réalité pour mieux la cerner, mais l'ignore et la détourne au contraire, la transforme en quelque chose de vivable certes, mais d'inexact. L'objet d'une telle reconstruction est toutefois, en premier lieu, de rendre la vie possible - plus douce. Et l'amour a la première place dans ce processus.
J'ai lu récemment L'attrape-coeurs, de Salinger. Une phrase m'a frappée. Elle disait à peu près que lorsqu'on est jeune, on pense que le courage est de mourir noblement pour une cause ; lorsqu'on vieillit, on s'aperçoit que le courage est d''essayer de vivre dignement pour cette cause.

P.S. du 24 janvier 2005. SFFR me précise aujourd'hui que cette question lui est venue en regardant les photos de Hiroshima mises en ligne sur l'Ecran intérieur.

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