l'écran intérieur des paupières

une "mémoire visuelle [qui] projette instantanément, sur l'écran interne des paupières closes, l'image rigoureusement fidèle et objective d'un visage aimé, comme un fantôme minuscule en couleurs naturelles..." Nabokov

12 mai 2008

Le Havre, Saint-Joseph, jour

eglise

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Le Havre, Saint-Joseph, nuit

079

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04 mai 2008

"Arrachez les bourgeons,..."

« Le blocage de rails était un ‘symbole’. Il signalait une somme d’hostilité chez les paysans dans les villages qui entouraient, par cercles concentriques, celui de la vallée dans laquelle nous étions emprisonnés ; cela dressait autour de nous un mur robuste, épais et absolument infranchissable. »

« Pendant ces jeux inertes, nous avons examiné une horloge démodée qu’un camarade avait apportée et, levant les yeux, nous avons évalué la position du soleil. Mais le temps était si lent, il n’avançait guère. Le temps ne bouge pas du tout, me dis-je exaspéré. Tout comme le bétail, le temps ne veut pas avancer sans la surveillance sévère des hommes. Comme les chevaux et les moutons, le temps ne fait pas un pas sans l’ordre d’un être humain. Nous sommes englués dans la flaque du temps. On ne peut rien faire. Mais rien n’est plus difficile et exaspérant, fatigant et vénéneux pour le corps  que d’être emprisonné sans rien pouvoir faire. Je me suis levé en m’ébrouant. »

Oé Kenzaburô, Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants, 1958

Récit traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccaty, Gallimard, Haute Enfance, 1996, 234 pages, ISBN 2-07-073320-3, p. 91 et p. 105.

Commencé et terminé au Havre (1er mai-4 mai 2008)

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25 avril 2008

Le Jeu et les conjectures

J’ai lu récemment Le Jeu des Perles de Verre, de Hermann Hesse, que j’avais en vue depuis quelques années.

Les règles du Jeu des Perles de Verre, «l’écriture figurée et la grammaire du Jeu constituent une sorte de langue secrète extrêmement perfectionnée, qui participe de plusieurs sciences et de plusieurs arts, particulièrement des mathématiques et de la musique (ou de la musicologie). Elle est en mesure d’exprimer le contenu et les résultats de presque toutes les sciences et d’établir des rapports entre eux. Le Jeu des Perles de Verre se pratique donc avec la substance et toutes les valeurs de notre culture, il joue avec elles, un peu comme aux temps où florissaient les arts un peintre a pu jouer des teintes de sa palette. Ce que l’humanité a produit au cours de ses ères créatrices dans le domaine de la connaissance, des grandes idées et des œuvres d’art, ce que les périodes de spéculation érudite qui suivirent ont ramené à des concepts et transformé en patrimoine intellectuel, tout cet immense matériel de valeurs spirituelles, le joueur de Perles de Verre en joue comme l’organiste de ses orgues, mais les siennes sont d’une perfection presque inconcevable ; leurs claviers et leurs pédales explorent le cosmos tout entier, leurs registres sont pour ainsi dire sans nombre, et théoriquement cet instrument permettrait de reproduire dans son jeu tout le contenu spirituel de l’univers.»

Les analogies et les associations d’idées sont à la base des parties de Jeu de Perles, et Joseph Valet, Magister Ludi, distingue à cet égard «celles qui sont légitimes, c’est-à-dire compréhensibles à tous, et celles qui sont ‘particulières’ ou subjectives». De ces dernières il donne un exemple, né un jour de mars d’une promenade pour aller couper des tiges de sureau : «Eh bien, chaque événement de notre vie possède justement sa magie, et l’événement pour moi, ce fut que, dès la traversée des prés saturés d’eau, j’éprouvai l’approche du printemps fortement, avec ivresse, en respirant cette odeur de terre et de bourgeons, ce fut qu’elle se concentrait et s’exhalait dans ce fortissimo du parfum des sureaux, jusqu’à devenir un symbole physique et un charme magique. (…) Mais, à cela s’ajoute un deuxième élément. (…) Le jour de cette promenade aux sureaux, ou le lendemain, je découvris la chanson de printemps se Schubert, Die linden Lüfte sind erwacht (Les douces brises se sont réveillées), et les premiers accords de l’accompagnement de piano me saisirent avec la violence d’une reconnaissance : ces accords avaient un parfum qui était exactement celui du jeune sureau, aussi doux-amer, aussi fort, aussi concentré, aussi plein de l’annonce du printemps. Depuis cet instant l’association : prémices du printemps – parfum du sureau – accords de Schubert, est pour moi quelque chose de stable et de valeur absolue. Dès les premières notes de l’accord, je sens de nouveau aussitôt, et en toutes circonstance le parfum âcre de la plante, et l’union de ces deux éléments représente pour moi les prémices du printemps.(…) Mais cette association, cette flambée, chaque fois, de deux expressions sensibles, quand je pense à l’annonce du printemps, est une affaire personnelle. Certes, elle est communicable sous la forme où je vous l’ai racontée ici. Mais elle n’est pas transmissible. Je peux vous faire comprendre mes associations d’idées, mais je ne puis faire en sorte que, ne fût-ce que chez un seul d’entre vous, elles deviennent également un signe valable, un mécanisme qui réagisse infailliblement à l’appel et qui se déroule toujours de la même manière.»

Hermann Hesse, Das Glasperlenspiel, 1943 ; traduit de l’allemand par Jacques Martin, Calmann-Lévy, 1955, 1991, Livre de poche n° 15393

***

Or, lorsque que j’ai proposé à Adélaïde Simon mon idée de rubrique «Conjectures (et tout le reste est littérature)» pour sa revue Les Muses à Tremplin, en octobre 2006, c’était bien, je crois, de parties de perles de verre qu’il était question.

Je voulais donner forme à une de mes plus profondes convictions : ne pas me laisser arrêter par les frontières établies entre disciplines et catégories. Ces frontières, de type universitaire, procèdent à un découpage des connaissances. Elles sont nécessaires pour les rendre accessibles à l’esprit humain. Mais si elles donnent précisément à la connaissance une dimension humaine, elles relèvent, au fond, d’un procédé artificiel, d’une fiction, au sens propre. Et la fiction qui permet dans un premier temps d’approcher et de s’approprier la connaissance, cette connaissance même permet ensuite de la dépasser. J’avais déjà fait ce genre d’expérience dans des travaux de recherche antérieurs, notamment en introduisant des notions mathématiques dans un raisonnement juridique.

En proposant à Adélaïde cette série d’articles, je voulais savoir si j’étais capable de vérifier une intuition selon laquelle des disciplines qu’on pourrait penser diamétralement opposées peuvent constituer, chacune, l’objet de l’autre. La discipline A traite de B et B traite de A. Je pensais que ces disciplines pourraient même faire usage de méthodes analogues et que des objets et des lignes communs pouvaient être mis en évidence, non seulement dans le contenu mais aussi dans la manière (contenant). Ainsi, exactement de la même manière qu’un livre qui traite des pommes peut être écrit en forme de pomme, je pensais qu’un livre qui traite d’un sujet peut épouser la forme de ce sujet.

On oppose ainsi les lettres et les sciences. Les chiffres et les lettres. Pour autant, la littérature a pour objet la vie, sans ces sortes de barrières. Je pensais que cette interpénétration d’objets et de méthodes pourrait donc être étudiée de manière privilégiée selon un point d’entrée dans le domaine littéraire. Par exemple : un roman peut traiter des mathématiques mais aussi avoir une forme mathématique. Il peut faire usage de raisonnements, de manières de penser mathématiques. En ce sens, un procédé littéraire pourrait être mathématique, ou chimique, etc.

Cette rubrique, c’était pour moi l’occasion de mettre en œuvre quelque chose que j’avais en tête depuis longtemps sans l'avoir encore concrétisé. Les conjectures qui en sont nées ne sont évidemment pas de type universitaire ni ne se veulent définitives. Elles ne sauraient, non plus, pour des raisons évidentes, prétendre faire le tour de la question. Ce que je voulais, c’était, par un ton que je qualifierais d’«humoristiquement docte» (d'où le «tout le reste est littérature»), et à partir d’un théorème absurde à partir duquel je bâtirais une pseudo-démonstration, prêter l’esprit à établir des correspondances entre les objets les plus divers. Comparaison n’est pas raison. Mais de la comparaison, ou même de la simple pensée simultanée d’un chat et d’un avion, d’un palimpseste égyptien et d’un commentaire laissé sur un blog, des illuminations peuvent jaillir, et il serait dommage d’ignorer ne serait-ce que l’éventualité de cette possibilité.

***

Quatre conjectures (et tout le reste est littérature) ont à ce jour été énoncées. Les voici :

Conjecture n° 1 : A tout entier naturel n, on peut associer un roman r tel que : litt(n) = r, où litt est la fonction qui rend, littéralement et littérairement, n lisible. (L’Ermite de la 69ème rue de Jerzy Kosinski et La formule préférée du professeur de Yôko Ogawa, Les Muses à Tremplin, n° 2, printemps 2007). Elle est lisible ici : conjecture1_cham

Conjecture n° 2 : Pièce touchée, pièce jouée. Un livre peut être un miroir et réfléchir d’autres livres (De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, La Défense Loujine de Vladimir Nabokov, Le joueur d’échecs  de Stefan Zweig, Les Muses à Tremplin, n° 3, été 2007). Lisible ici : conjecture2_cham


Conjecture n° 3 : Acid Litt. Les bombes littéraires n’ont pas besoin d’être explosives pour exploser(Le système périodique de Primo Levi et Acide sulfurique d’Amélie Nothomb, Les Muses à tremplin, n° 4, automne 2007, revue parue en ligne ici). La conjecture est également lisible ici : conjecture3_cham


La conjecture n° 4 s’énonce ainsi : «On naît métamorphose ou on le devient (cas de la métaphore)». Elle parlera de Franz Kafka et de Keiichirô Hirano et sera publiée dans le prochain numéro des Muses à Tremplin. 

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14 mars 2008

Perdu mode d'emploi (positivisme)

Ce fragment à l’encre passée, rongé et taché par les fourmis, a été retrouvé dans l’ancienne baignoire de la maison Oil. On y avait entassé, sous un couvercle vissé, l’ensemble des papiers rassemblés dans le présent recueil.

« Ceci se passait à la fin du siècle dernier...

[deux lignes illisibles]

- Avez-vous lu Kelsen ?

Cette question de mon maître, pour toute réponse à l’exposé que je venais de lui faire de mes projets de recherche, me fit rougir jusqu’aux oreilles, car je n’avais pas lu Kelsen...

- Pas encore.

Mais à sa manière habituelle – subtilité d’un joueur d’échecs –, d’une suggestion qui n’avait même pas l’air d’en être une, le professeur m’avait montré ma propre voie. Je trouvai en effet exprimée dans La Théorie pure du droit la somme systématisée des ébauches et des impressions confuses que je tentais de saisir depuis le début de mes études. Je refermai le livre sur cette formidable certitude qui allait désormais guider tout mon travail : j’étais positiviste.

[trois lignes biffées à l’encre noire, à traits épais]

Etre positiviste, c’était résolument refuser tout sentimentalisme et tout déterminisme juridiques, c’était n’avoir aucun préjugé sur ce que devait être le droit selon une certaine nature des choses ; en ce sens le droit ne devait rien être, mais tout ce qui était droit était obligatoire ici et maintenant. Etre positiviste, c’était croire en un ordre juridique laïc qui laissait en dehors de son cercle la place au non-droit et à tout le reste...

Ce fameux reste, il m’est apparu par la suite que je l’avais peut-être négligé par effet d’optique, comme si, à force de m’habituer à sa présence, j’avais oublié qu’il aurait pu tout aussi bien ne pas exister. Ou disparaître.

[une page entière illisible]

Et si le droit positif faussait lui-même les rouages qui le justifient ? Si par exemple la pyramide des normes elle-même n’était plus respectée ? Si la conformité des règles entre elles n’était plus qu’artificielle, se contentant de ne respecter qu’une forme de hiérarchie dépourvue de substance, au mépris, sans parler même de leur signification matérielle, du sens de ces règles au sein de l’ordonnancement général ? Une loi qui ne serait pas conforme à la constitution, il y a tout lieu de penser que ses textes d’application seront encore moins d’équerre avec elle... Et si les propositions juridiques, à force de gauchissements croissants, devenaient irréductibles à tout syllogisme ? Ne serait-on pas alors passé du règne de l’obligation à un régime de casuistique, négation même de toute notion de norme ?

Ne devrait-on pas alors en venir à penser que les principes de la logique formelle («purs» au sens strict, ceux-ci, puisque formulés à l’aide de valeurs de convention) sont au fond des règles «évidentes» (on n’oserait dire «naturelles»), que, sous peine d’incohérence, devrait respecter le droit ?

[quelques mots sous des fourmis écrasées]

Etre absolument positiviste, ce serait pourtant pouvoir admettre, sans que l’esprit se révolte un instant, l’éventualité d’un droit illogique... Car dire qu’un droit illogique n’est pas le droit parce qu’il ne satisfait plus à la condition d’être un système cohérent, c’est déjà présupposer une idée «naturelle» de ce que le droit doit être... C’est franchir la limite du positivisme...

Etre absolument positiviste, ce serait accepter qu’un droit qui ne serait pas systémique puisse exister – avoir, face à un tel phénomène, l’attitude qu’on a reproché aux contemporains de Galilée de ne pas adopter... «Et pourtant, elle tourne...»

Rien ne sert, paraît-il, de s’élever contre l’incontestabilité d’un fait...

Je crois que je comprends maintenant la conclusion d’un autre livre qui m’accompagnait, celui-là, depuis bien plus longtemps encore : «Rien ne s’oppose à ce que le raisonnement judiciaire soit présenté, en fin de compte, sous la forme d’un syllogisme, mais cette forme ne garantit nullement la valeur de la conclusion.»

[fin du fragment]

Note : La citation finale a été retrouvée dans Logique juridique, nouvelle rhétorique – Chaïm Perelman, Paris, Dalloz, 1979, 2ème édition. Elle se poursuit de la sorte : «Si celle-ci est socialement inacceptable, c’est que les prémisses en ont été acceptées à la légère : or, ne l’oublions pas, tout le débat judiciaire, et toute la logique juridique, ne concernent que le choix des prémisses qui seront le mieux motivées et qui soulèveront le moins d’objections.»

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Olive Oil - On the dotted line (Les pointillés des formulaires), 1972 et après.

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12 février 2008

La lettre K

En notant ce soir des passages d’Une existence tranquille, j'ai réalisé que les deux auteurs de l’année 2008 (voir ici) utilisaient la lettre K de manière analogue, comme un nom en soi. Dans Une existence tranquille, « sorte d’autobiographie détournée » dans laquelle Oé « fait en filigrane le bilan de sa création littéraire » (quatrième de couverture), il semble apparaître sous la lettre K. Lorsque, page 190, il est fait expressément mention de M/T et l’histoire des merveilles de la forêt comme un livre de K, il devient clair que ce K est bien l'initiale de Kenzaburô. A noter que, dans le roman, l’un des fils de K est lui aussi nommé d’une seule lettre, terminale celle-ci : Ô.

Chez Kafka, le personnage (K. ou Josef K.) est nommé d’un « K tenant lieu de X dont on ne sait pas s’il est le début d’un nom normal, quoique clandestin, ou le dernier vestige d’un nom éteint, impossible à reconstituer » (Marthe Robert).

« Le simple K qui les caractérise annonce la disparition de l’écrin de détails qui définit le personnage romanesque dans sa variante balzacienne », analyse Roberto Calasso. « Cette lettre est un signe algébrique, qui vaut pour un éventail de possibilités. »

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Seul, comme Franz Kafka, Marthe Robert, Calmann-Lévy, 1979

K., Roberto Calasso, 2002 ; Gallimard, Du monde entier, 2005, traduit de l’italien par J.-B. Manganero

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Pouvoir des gommes

« Je me remémorai des bribes du texte de mon père que Madame Shigetô m'avait lu à haute voix... A ce jeune homme enfermé dans un regret sans issue... qu'il a commis ne lui soit point compté... Eux qui nageaient là-bas en se parlant avec beaucoup d'enthousiasme, se démenaient-ils pour effacer, à l'aide d'une immense gomme invisible qui flotterait à la surface de l'eau, l'acte que Monsieur Arai avait commis dans le parking afin qu'il ne lui fût point compté ? »

Oé K., Une existence tranquille, 1990 ; Gallimard, 1995, traduction Anne Bayard-Sakai, ISBN 2-07-073046-8, 259 p., p. 244-245.

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21 janvier 2008

Manifestation de l'absurde - souvenir d'un teletube

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14 janvier 2008

Révélation et résolution

J’ai lu récemment, de Oé Kenzaburô, Notes de Hiroshima et je suis en train de lire Moi, d’un Japon ambigu (qui rassemble le discours prononcé lors de l’obtention de son prix Nobel, en 1994, et diverses conférences sur la littérature).

« Je découvre là des raisons de croire à l’étrange pouvoir curateur de l’art.
Et même si la preuve n’en est pas vraiment faite, c’est fort de ce credo que je souhaite si c’est possible, en mobilisant les faibles forces qui sont les miennes, affronter avec une douleur sourde les ravages accumulés par notre siècle au cours du développement monstrueux des technologies et des communications ; j’aimerais plus particulièrement, en me tenant légèrement en bordure de ce monde, me mettre en quête des moyens permettant de contribuer de façon décente et humaine à la guérison et à la réconciliation de l’humanité entière – telles qu’on peut les envisager à partir de cette perspective excentrée.»
(Notes de Hiroshima, préface pour la nouvelle édition anglaise, mars 1995)

« Le rôle de la littérature est de créer un modèle pour les hommes vivant dans leur temps qui – dans la mesure où l’homme est un animal historique – contienne également son passé et son avenir.» (De la littérature d'après guerre aux théories de la culture, 1986, in Moi, d'un Japon ambigu)

Toujours par un de ces hasards dont les livres sont les véritables auteurs (cf. note du 23 novembre 2007), il est arrivé que ces lectures trouvent une modeste application dans le manuscrit que j’étais en train de terminer à ce moment-là. Et c’est dorénavant volontairement et consciemment en ce sens que j’envisage de creuser et d’orienter mes pensées et mon travail.

Que soit ici vivement remerciée C., mon professeur de japonais, pour m’avoir conseillé de lire Oé Kenzaburô.

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Oe Kenzaburô, Notes de Hiroshima, 1965 ; Editions Gallimard, 1996, pour la traduction française (D. Palmé), collection Arcades, ISBN 2-07-074277-6, 230 p.

Moi, d’un Japon ambigu, 1995, The Nobel fondation, 1994, pour le texte intitulé « Moi, d’un Japon ambigu » ; éditions Gallimard, 2001, pour la traduction française (R. de Ceccaty, R. Nakamura), ISBN 2-07-0744-58-2, 97 p.

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02 janvier 2008

Excellente année 2008 !

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